samedi 9 novembre 2013

Histoires de douanes en Amérique Centrale


Nos journées des 4, 5, 6 et 7 novembre

El Salvador, Honduras, Nicaragua, quelques impressions fugitives.
Nous avons passé peu de temps au Guatemala, mais assez pour regretter de ne pas y rester plus longtemps. Le passage de la frontière avec le Mexique avait été simple ; les paysages du sud-ouest en direction du lac Atitlan sont superbes ; le lac lui-même et son arrière-plan de volcans est très beau ; la mini posada–Casa Blanca- à laquelle un inconnu à qui nous demandions où nous pourrions nous héberger nous avait menés est impeccable. Ensuite la petite journée sur et autour du lac ne nous a procuré que de bons moments.Un bémol, le 2ème hébergement guatémaltèque, à Monterico, entre lagune et Pacifique,était proche de l’arnaque. La sortie du pays sans embrouilles, même si les « facilitateurs » de démarches étaient un peu insistants… Guatemala 9/10 !

Et la suite ?
L’entrée au Salvador : panne informatique du service des douanes et longue attente de 10h à 20h mais coopération efficace d’un douanier et relations sympas avec les chauffeurs otages aussi de l’informatique. JM a déjà raconté cet épisode dans un post précédent. 1ère nuit à l’arrache dans un bouiboui très basique. Le lendemain on a pour objectif d’être aussi près que possible de la frontière avec le Honduras. Du coup les paysages parcourus le long de la côte n’ont pas eu trop le temps de nous émouvoir !


 



On était aussi un peu fatigués. Lors des quelques arrêts dans les villes traversées ce qui frappe c’est l’omniprésence des militaires : il y en a partout. A l’entrée des banques, des pharmacies, du moindre magasin, sur les places publiques. Et armés sérieux : gros calibre, fusils à pompe, et souvent on a l’impression qu’ils n’ont pas un QI très élevé !
Pour la 2ème nuit, un auto-hôtel ; on entre dans la chambre par le garage !


 

et des gardes armés, mais plutôt bas de plafond,sont là pour notre sécurité !
A la douane de sortie du Salvador début des grandes douleurs douanières : la difficile correspondance entre la carte grise de la Fazer d’origine et la nouvelle bécane achetée après l’accident donne lieu à des négociations de pourboires difficiles ; elles coûtent chèreset prennent du temps. Et à la fin on casque. Bilan charme de ce qu’on a vu du Salvador: 2/10.


Quelques hectomètres plus loin, entrée en Honduras : taxes d’entrée élevées (70$/moto), photocopies en pagaille et un « facilitateur » auquel on a du mal à faire confiance ! Et de nouveau de longues attentes ! Ce passage de frontière commencé à 8h se termine à 12h.
Entre l’entrée et la sortie du Honduras il y a 140 bornes, on aimerait sortir du Honduras et entrer au Nicaragua dans cette même journée. Malheureusement j’ai une grosse inquiétude avec mon pneu arrière : il a été mis à rude épreuve depuis le début de ce voyage, rythme et chargement, et la trame métallique vient d’apparaître ! Coup de bol : sur la route, un centre Bridgestone-auto qui nous indique un garagiste moto, qui se révèle un gars super efficace :en une demi-heure il dégotte un pneu de la bonne taille chez un confrère et fait le changement aussi sec ! Le tout pour 80$.


 
Quelle différence entre ce gars honnête, professionnel et efficace et ces fainéants ou crapules de douaniers et « facilitateurs » ! A l’arrivée au poste frontière de sortie du Honduras un « facilitateur » nous poursuit. Il a été prévenu par son pote côté entrée qu’on avait un point faible : donc on doit casquer pour sortir la Yam ! Sympa l’organisation des honduriens… Note Honduras 3/10

Et maintenant on arrive au poste frontière d’entrée du Nicaragua. Encore plus de taxes que pour le Honduras : 87$/moto et ne pas oublier le pourboire du « facilitateur »…Pas de harcèlement concernant les papiers de la moto sauf au dernier poste de contrôle policier.... Rebelote, négociations derrière la cahute et bakchich. On rumine de noires pensées en se demandant comment demain se passera la séance de sortie ! Une grosse sensation d’être pris dans une nasse : plus on se débat plus la difficulté grandit !
Enfin pour aujourd’hui c’est fini avec les frontières, 2 de franchies et on va essorer un peu la poignée de gaz pour ne pas être trop loin, demain matin, du Costa Rica. Nous arrivons à Rivas un petit bled à 45 km de la frontière avec le Costa Rica. Côté hébergement, après avoir cherché sans succès un hébergement où nous aurions de la wifi, on innove : une « hospedage », sorte de chambre d’hôte nicaraguayenne, modeste, très modeste même, avec un grand lit matrimonial et pas de place pour mettre nos valises ! A la guerre comme à la guerre, on simplifiera les ablutions… Comme il n’y a pas de wifi,



Marvin le boy de l’établissement nous emmène d’un coup de pédale dans son pousse-pousse au cyber café le plus proche : consigne il faudra rentrer avant 7 heures car après c’est dangereux pour les étrangers ; ambiance…
Nuit sans surprise, réveil comme d’hab vers 5h30. Pas de grand débat stratégique sur la façon d’aborder cette nouvelle frontière ! Et surprise, on sort du Nicaragua comme une fleur. A 9h15 le Nicaragua c’est fini. On rencontre une famille française papa, maman et 2 garçons, en camping-car : ils sont depuis 14 mois sur les routes, commençant par l’Amérique du Sud et continuant vers l’Amérique du Nord. 



 

Nous sommes invités à prendre le café, dans le camping-car. Moment sympa. Mais il faut aller vers le poste costaricien. Là ça se gâte. Evidemment le numéro sur le cadre de la moto n’est pas celui de la carte grise. Le douanier scrupuleux bloque. JM joue son va-tout en racontant l’accident et le changement de moto. Evidemment les « facilitateurs » sont là pour la collecte des sous ! Le douanier ne peut rien ; JM se bat, parle à son chef direct, puis au chef de ce chef, puis au grand chef du poste. Qui finalement dit au jeune douanier qu’il faut laisser passer et donc mettre les tampons ad-hoc sur de multiples photocopies de documents (qui se perdront rapidement dans la poussière ou la moiteur de ces bureaux) et JM comprend qu’il peut conclure avec les « casse couilles » « facilitateurs ». Et il réussit un bakchich en baisse de presque moitié par rapport aux précédents ! Nous voilà au Costa Rica. Ce n’est pas la fin des passages de frontières, il y aura encore le Panama puis l’Amérique du Sud, mais on a une nouvelle expérience…
Mais c’est dur.

4 commentaires:

  1. Ah les frontières, les guichets de douaniers, les vautours non douaniers...
    Papa ça rappelle un peu le bureau de l'ambassade d'Iran nous envoyant paître parce qu'on voulait voyager à vélo...
    ici en France vous seriez dans des bouchons d'opérations escargots contre l'écotaxe...
    Pleins de pensées pleine de courage pour vous

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  2. Courage, et bravo pour la persévérance! On vous envoie des ondes positives!

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  3. Voilà ce que c'est de vouloir rouler en gommes tendres; tout ça pour gagner quelques 1/10èmes.
    Tu as mis des slicks cette fois?
    Un petit burn out et c'est reparti pour le Costa Rica?
    Un fuerte abrazo

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  4. Ileana notre amie costaricaine , m'a bien fait rire en me disant : " je ne savais qu'ils étaient avec des copines ! " en parlant de vos 2 motos- stopeuses. Qué tal Costa Rica ?,
    La chance continue de vous sourire. Portez-vous bien, ménagez vous.
    Besos. Annie C.

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