mardi 22 octobre 2013

Le week-end à Mazunte

Dimanche 20 octobre 2013, fin de journée,

La recherche d'une moto d'occasion s'est poursuivie autant que possible. A Oaxaca une Yam FZ600 nous plaisait bien mais était déjà vendue. Le week'end n'étant pas propice à ces recherches (concessionnaires et garages fermés), nous avons du essayer de faire la part des choses !
Un danger nous menaçait : la crispation sur les difficultés. Nous ne souhaitions pas passer nos temps d'attente ou tous nos repas à nous faire face en chiens de faïence en ruminant la situation.

Là c'est surtout moi qui me suit démener car JM était encore trop polarisé côté moto. La chance a été de notre côté : j'ai rencontré en me baignant 2 sud-américaines très sympas. Une brésilienne extravertie, comme je crois le sont les gens de ce pays, et une argentine plus réservée avec lesquelles on a pu parler d'autre chose que de pbs de motocyclette. JM était ravi de pouvoir pratiquer son brésilien et moi de pouvoir aller me baigner pas tout seul et tous les deux nous étions bien contents de ne plus être qu'en tête à tête à tous les repas !...




Junia, notre amie brésilienne est une grande voyageuse (Inde, Thaïlande, Chine,...). Elle est toute seule sans son boyfriend resté à Mexico, et elle est très contente que nous ayons eu cet accident "puisque JM n'est pas blessé, même pas un cheveu ! et que ça aurait pu être beaucoup plus grave" ; ainsi elle a trouvé deux français, dont un ancien directeur de l'Alliance Française de Sao Paulo, pour égayer ses journées. Elle nage très bien, crawl, papillon et enseigne le yoga.

Alexandra notre amie argentine est elle aussi toute seule. Son amie est en train de travailler à une thèse sur l'art. Elle est beaucoup moins expansive mais aussi très sympa. Elle habite San Carlos de Bariloche, ses grands parents étaient des immigrants arméniens en Argentine et elle a passé la plus grande partie de son enfance à Buenos Aires. Elle nous a bien renseigné sur les civilisations méso-américaines et sur le funeste rôle des conquistadores espagnols qui ont détruit d'inestimables trésors, en particulier les écrits (les codices), de ces civilisations.
Avec elles samedi après-midi et dimanche, jours de toute façon cuits sauf les recherches sur internet, on a pu sortir un peu la tête du guidon... et s'aérer les neurones !  Deux repas pris avec elles ont été bien agréables !

Demain, les vacances seront finies et ce sera reparti pour les recherches.
On ne lâchera ni les espoirs de continuer ni le blog,
à suivre.

lundi 21 octobre 2013

Merci !

.... pour vos encouragements, vos commentaires humoristiques, votre fidélité au blog.
Dans ces moments, ça maintient la bonne humeur !

Et allez ! une vue qui change des précédentes.

Un disque solaire toltèque, aztèque....?
 

Non, un anneau d'acier forgé de quelques kilogrammes, le rotor de l'alternateur. Sur la moto, il est à 20cm devant la jambe du pilote.
En le voyant aujourd'hui (je ne l'avais pas vu avant car il avait été le soir-même envoyé par le mécano vers la ville la plus proche pour en trouver un de rechange) j'ai réalisé que - comme dit le fils Nicolas : "Si t'avais pris aussi cher que ta moto, c'est pas elle qui nagerait avec les tortues!..." Certes !

Nous notons que, depuis le crash sur cette si belle route avec le funeste camion, la fréquentation du blog a atteint des sommets et donne raison à la malicieuse remarque de Jean-Baptiste qui voit dans cet accident que "les Dub ont été rappelés par "la prod", à leur obligation d'un blog qui crée l'événement, et soit fréquenté par une foule de lecteurs-contributeurs, appâtés pour se connecter le lendemain....".
Comme quoi, le syndrome médiatico-télévisuel fait des ravages.

Alors, la bataille pour repartir n'est pas encore gagnée mais nous faisons tout pour et comptons bien continuer à (faire) rêver.

A bientôt.

samedi 19 octobre 2013

L'attente active à Mazunte

Voilà 4 jours que la collision s'est produite.
4 jours pendant lesquels JM beaucoup, et moi un peu, nous nous sommes démenés pour

d'abord trouver l'alternateur et son carter qui sont cassés. Verdict après 2 jours : on ne trouvera pas au Mexique où les motos de ce type (Yam sportive de 10 ans) sont très rares. Donc on devra faire venir de France : Damien, Antoine des fils de JM et son concessionnaire de Nantes cherchent.

ensuite trouver où faire la réparation ; comme la moto est actuellement immobilisée dans un petit bled ravitaillé par les corbeaux, il faut la transporter (re-pick-up) quelque part où on pourra trouver un mécano crédible et faire parvenir les pièces. On penche pour Oaxaca qui est une assez grande ville, pas trop loin (260 km), qu'on connait un peu et où on sait pouvoir être hébergé raisonnablement (Auberge de jeunesse !)...

Tout ça avec le WE qui se pointe, laisse penser qu'on va encore passer quelques jours ici à Mazunte !

Donc je vous mets déjà un petit lot de photos pour que vous puissiez nous plaindre

notre plage et notre paillote et certains des habitants :
   


un tour en mer : vols de pétrels, et un petit thon un, les dauphins font leurs numéros, nage avec les tortues, et pour finir avec masque et tuba chez les poissons rouges !

 


 






les pêcheurs de la plage de Mazunte : doradas, petits requins, les nuits de pleine lune langoustes ; et passage direct du bateau à l'atelier de découpe et de lever des filets puis au restaurant sur la plage !


 



Un funeste camion sur une si belle route !

Le 18 octobre

Donc, après ce séjour épatant à l'auberge de jeunesse d'Oaxaca et une soirée BBQ avec un jeune couple Québécois, une jeune slovène, un pur jeune anglais qui parle le français à la perfection, un irlandais installé à Toronto, un jeune australien incompréhensible (à part nous les deux papys ils sont tous jeunes dans ces auberges !), c'est une belle descente vers le Pacifique qui nous attend.

Après quelques km de plaine en sortie Oaxaca cette route traverse une série de "sierras" vers les 2000 m puis descend sur les rives du Pacifique.

Les "vignes" dont on tire le mescal sont très épineuses ! et le maïs est récolté très manuellement...

 


un village perché sur des éperons rocheux et encore du maïs sur des pentes impossibles





la route est parfois réduite en largeur mais on y croise de beaux serpents

 

  

Hélas cette belle ballade se termine malheureusement par la collision de JM et de sa Yam avec un gros semi-remorque...
C'était le 14 octobre : la moto est transportée en pick-up chez un mécano du pueblo le plus proche (Pochutla) et nous rejoignons notre point de chute (tiens c'est marrant ça, point de chute !) prévu 20km plus loin. Voir le Flash info du 14....

Depuis JM se démène pour trouver les pièces de rechange et ensemble nous essayons sans nous décourager de bâtir un scénario pour la suite.

vendredi 18 octobre 2013

Oaxaca pour découvrir les Toltèques et pour se distraire

Samedi 12 et Dimanche 13 octobre

Bien ......! on se démène pour tenter de faire réparer la moto et ne pas rester planté là.
Tout sauf évident....mais on ne lâche rien pour l'instant.
Et il ne faut pas cesser d'alimenter le blog avec les journées qui ont précédées le crash.
Voici donc.

Le site incontournable de la région d'Oaxaca, c'est bien sûr celui des pyramides de Monte Alban ou plutôt de l'immense complexe urbain de la civilisation toltèque sur une hauteur qui domine la ville.
Plus impressionnant comme ensemble que celui de Teotihuacan...





mais avec autant de conditionnels pour expliquer ce qu'ont été ces énormes bâtiments.


Oui oui, Le Clezio a bien dit ce que l'on a perdu avec ces peuples disparus par la conquête et anéantis/autoanéantis : la pensée interrompue. On est là, orphelins du sens de cette société.

 

...qui a sculpté toutes ces pierres énigmatiques.

Et quand on voit que les archéologues sont souvent partis de cela pour restituer un peu en élévation tous ces bâtiments, on dit bravo à leur savoir et à leur technicité ...



On redescend alors vers la ville pour aller parcourir ses rues et entrer dans quelques églises, tellement nombreuses qu'on pourrait y passer des jours et des jours.






Que les auberges de jeunesse sont sympas pour les vieux motards !



On y fait des rencontres épatantes.
Des Québécois dont Laurent parlera. Des Irlandais, des Australiens, des Slovènes (il y a quelques jours).
Une Brésilienne ici, et du type baroudeuse, qui ne recule devant rien.
Imaginez une charmante jeune femme (35-40 ans) qui vous invite à aller avec elle à un spectacle si vous avez du temps en cette fin de dimanche. Quand vous avez (imprudemment) répondu que vous êtes justement libre et disponible pour découvrir quelque chose de typiquement mexicain, elle vous apprend que c'est un gala de "lucha libre", le catch mexicain. Stupeur... Maligne ! Que les hommes sont bêtes !
Laurent m'abandonne lâchement en arguant que nous pourrons passer une soirée à parler portugais tous les deux pendant que lui avancera le blog et réfléchira à nos prochaines journées.
Me voilà donc faisant la queue devant un palais des sports dans un quartier populaire où nous sommes rendu en taxi ; bon début,  elle a négocié le prix de la course très......fermement.
Spectacle étonnant,  les petits garçons de 4 à 10 ans...plus quelques adultes s'achètent des masques de catcheurs colorés et assez délirants en attendant d'entrer.
Nous prenons des places au premier rang...je tremble d'avance. Nouvel étonnement,  le guichet est une simple voiture garée devant le palais des sports et tout le monde fait la queue en famille de façon très ordonnée et détendue.
Ma "Calamity Jane" me fait la conversation et m'apprend ainsi que quatre jours avant, elle avait assisté à un premier gala à Mexico, qu'elle connaît certains de ceux qui vont lutter ce soir...etc.
Armés de nos billets, nous arrivons à nos places pour constater que deux gars les occupent. Elle fonce et entre dans la vérification,  réclamant de voir leurs billets et ne lâchant pas le morceau. Les officiels doivent s'en mêler et - quoique fort gênés - lui donnent raison. Incroyable !...car les deux gars pesaient 120 et 150 kg et occupaient deux sièges chacun. Elle...à vue de nez 50 kg. Nous nous retrouvons assis entre ces deux pièces de viande dont la plus grosse continue à s'étendre pour la compresser et lui faire la vie dure. Je réussis à amadouer l'autre et à "fraterniser" avec lui, puis je dis à ma compagne d'échanger nos places et tente la même pacification avec le "gros quartier de viande". J'obtiens un doigt d'honneur et un "fuck !" définitif. Elle me dit tranquillement qu'il ne peut pas digérer de s'être fait avoir par une petite femme comme elle.
Le spectacle va pouvoir commencer. Dans l'attente de l'entrée des vedettes les petits garçons de tout à l'heure s'approprient le ring et prennent la pose pour des photos de papa-maman.

 

Je dois à la fois m'étonner de ce que je vois, suivre la conversation de ma voisine qui m'annonce qu'elle va soutenir telle ou telle équipe, et tenir contre mon envahissant quartier de viande de voisin.
Dès la première rencontre,  je reconnais ce dont j'avais lu des reportages et vu quelques photos. C'est du spectacle plein d'auto-ironie et de clins d'oeil avec le public.
Ma furie de voisine est à fond dedans et crie ses encouragements à ses favoris de façon tellement sonore qu'elle se fait repérer par un des adversaires qui l'interpelle plusieurs fois et finit par descendre du ring pour lui en coller un...? Il demande à la salle s'il peut l'embrasser.  La salle approuve. Elle refuse en levant ses petits poings...pour se défendre. Il est gentil, il lui colle un gros bisou...sur la joue sous les cris de joie du public.  J'espère qu'elle va se calmer.

 

La baston se poursuit et les lutteurs finissent régulièrement dans le public, renversant dans leur élan chaises et spectateurs.
  

Au premier rang, j'attends notre tour...! Elle est toujours aussi bruyamment supportrice,  donc ils ne devraient pas l'oublier. Et c'est très bien mis en scène car les quatre côtés y ont droit tour à tour. Mais on apprend vite en regardant les autres, et on se lève prestement, et on s'écarte en hâte quand le gros lutteur arrive pour s'effondrer sur vous.
Il aura une débauche d'hémoglobine sur un des combats...mais je crois que ça fait partie du "jeu".

A la fin, sortie à grande vitesse pour toper un taxi avant qu'ils soient tous pris d'assaut.

Quand je rentre à l'auberge de jeunesse, Laurent est sur la terrasse en haut du bâtiment avec des Québécois et un Irlandais à déguster un barbecue. A l'aise.
Je me joins à eux.

mercredi 16 octobre 2013

Enfin du pilotage !

Samedi 12 octobre

Une magnifique étape de Puebla à Oaxaca.


On double des remorques de canne à sucre dont les plantations égaient le paysage.
 
 



  
Peu après la sortie de Puebla, Atlixco das Flores, la bien nommée avec ses pépinières de fleurs en pleins champs.
























  

On pourrait passe son temps à photographier ces petites églises colorées qui illuminent le paysage.

 
Mais ça aurait des airs de petite Beauce...
 













...ou de Toscane















On cultive les oignons comme cela ?!




















Voilà qui nous rappelle que nous sommes bien dans le pays des cactus. 



Il y avait 400km, dont 150 à 200 de belle route moyenne montagne pour passer les "serras".
Enchaînements des courbes et des virages, des ruptures de pente, des plongées dans les fonds de vallons, des bascules aux cols...
Placer la moto correctement,  rester bien posé sur sa monture, garder une trajectoire propre, amortir les irrégularités du revêtement, renvoyer les gaz en sortie, freiner avant l'entrée,  tenir ou monter la vitesse en cours, balancer tout à droite puis tout à gauche dans le timing...
De longues minutes d'un plaisir qui passe dans tout le corps et de l'adrénaline dans la tête.

Quelques passages "cochonnés"' aussi...nous ne sommes pas des vedettes, ça se saurait !
Et même un droite vicieux manqué complètement par moi, dont le type en pickup qui venait en face a dû garder le souvenir ; il n'a pas réussi à piger que le cinglé sur sa moto a trouvé plus simple d'élargir complètement sur le bas-côté gauche plutôt que de risquer la touchette.
  
Nous ne nous sommes pas dit grand chose sur cette partie du parcours ; je crois que nous étions bien occupés et un peu à la limite. Moi, oui en tout cas.
"Elle a dû être chaude, cette petite arsouille... T'attaquais, toi ?"
Et après demain, une superbe descente vers le Pacifique par une petite route sinueuse : 253km, ça montera à plus de 2000m avant de redescendre à la mer.
Voilà.  Le raid, c'est aussi cela. On aime.